Dans l’ameublement, le vernissage au tampon est une technique classique qui s’exécute à l’aide d’une dissolution de gomme laque dans de l’alcool. Il fournit un résultat intéressant en ce sens qu’il rehausse la valeur d’un meuble, faisant ressortir et avivant le veinage des bois. Il donne une brillance et un éclat semblable à ceux d’un miroir. Bien traité, le vernis au tampon est d’une très longue durée. Il fait partie des vernis finaux, c’est-à-dire qu’il est posé en fin de travail pour lui assurer une protection mécanique contre les agressions tels que la poussière, le frottement, etc.
La gomme laque
La gomme laque est une résine naturelle d’origine animale qui provient de la famille des coccidés (coccus lacca), des insectes minuscules dont font partie les cochenilles. La gomme laque possède de bonnes qualités filmogènes. Insoluble dans l’eau et dans les hydrocarbures, son solvant est l’alcool éthylique (éthanol).
La gomme laque est surtout utilisée en ébénisterie et en lutherie. Utilisée par les ébénistes depuis de nombreux siècles et sur différentes pièces de mobilier, elle est appliquée sous forme de solution alcoolique et devient, avec le temps, insensible à ce solvant. Elle jaunit avec le temps. Pour l’ébénisterie et la restauration de mobilier, il est recommandé d’utiliser la gomme laque décirée.
Choix de la gomme laque
Le choix du type de gomme laque est fonction du résultat recherché. Inis on utilisera une gomme laque de couleur blonde à orange, qui comporte une partie de cire, pour donner aux vernis de la souplesse, ou encore une gomme laque en plaquette, un peu plus dure, pour les bois clairs. La gomme laque cerise, qui est assez dure, donne pour sa part un beau rouge foncé et est utilisée sur les autres types de bois.
Dissolution à froid
Le vernis à la gomme laque se prépare par dissolution à froid. Il faut d’abord concasser la gomme laque (si ce n’est déjà fait), la peser et la déposer dans un récipient, dans lequel il faudra ensuite verser l’alcool. La gomme laque se dissout aisément en agitant le récipient. Laissez dissoudre la solution de vernis durant quelques jours en l’agitant de temps à autre.
Le vernis au tampon peut être plus ou moins chargé en gomme laque selon son usage. Par exemple, un vernis contenant 300 g de gomme laque par litre d’alcool sera utilisé surtout par les tourneurs; celui de 75 g de gomme laque par litre d’alcool est classé sous le nom de demi-vernis; celui de 170 g de gomme laque par litre d’alcool est excellent pour le vernissage au tampon; etc.
Pour améliorer les qualités d’un vernis au tampon, vous pouvez y ajouter d’autres résines : copal dur, copal demi-dur, sandaraque, mastic, dammar déjà dissous.
Façonnage du tampon
Le façonnage du tampon s’effectue à l’aide d’une pièce de tissu de lin, de couleur naturelle (vendue notamment par les marchands de matériel pour toiles d’artiste), formant un carré de 15 cm de côté environ et dans lequel sera déposé un morceau de mèche de coton. Vous enroulez ensuite sur lui-même le tissu de lin, afin d’obtenir une boule qui tient bien dans votre main. Ce tampon servira pour le remplissage et le vernissage. Pour l’opération d’éclaircissage, utilisez une toile plus fine.
Application du vernis au tampon
Le vernissage au tampon comporte cinq étapes : le remplissage, le vernissage, le bufflage, le rechargement et l’éclaircissage.
1. Le remplissage
Le vernis au tampon se pratique sur une surface sans défaut, d’où le recours à la technique de remplissage. Le remplissage consiste à boucher les pores du bois, à l’aide d’un tampon humecté d’alcool, avec de la pierre ponce en poudre qu’on saupoudre sur la surface à remplir.
Au début, frottez légèrement en décrivant de petits cercles. À mesure que le tampon se vide, appuyez plus fort, toujours en tournant. Le tampon ramasse ainsi la ponce et, par frottement, polit le bois. Lorsque le tampon commence à sécher, il se forme une sorte de mastic qui roule sur la surface. Rechargez alors le tampon d’alcool. Sous l’action continue du tampon, le mastic disparaît; saupoudrez de nouveau un peu de ponce. Le travail se poursuivra ainsi jusqu’à ce que les pores soient complètement bouchés (aspect légèrement brillant, sans aucun trou).
2. Le vernissage
Pour le vernissage, utilisez le même type de tampon. Préparez deux flacons contenant l’un du vernis et l’autre de l’alcool. Fermez les flacons à l’aide de bouchons de liège, dans lesquels vous percez un petit trou pour que le vernis et l’alcool s’écoulent goutte à goutte sur le tampon. Chargez le tampon d’un mélange moitié vernis moitié alcool sans trop le mouiller. Il ne faut pas que le tampon laisse des traces liquides sur la surface à vernir.
Passez le tampon sur le bois en décrivant des cercles plus grands que lors du remplissage. Appuyez très lentement au début et, à mesure que le tampon se vide, de plus en plus fort. Vers la fin, le tampon aura tendance à adhérer. Pour faciliter le glissement, après avoir rechargé le tampon, ajoutez quelques gouttes de vaseline liquide ou d’huile de paraffine lourde. Si le tampon laisse des traces sèches après son passage, c’est qu’il y a trop de vaseline. Si la surface prend un aspect très brillant (ce qui ne doit pas être le cas à ce moment), c’est qu’il y a trop d’huile.
3. Le bufflage
Le bufflage est une opération de ponçage presque indispensable pour le vernissage au tampon des loupes (d’orme, d’amboine, etc.) car la contraction de ces bois provoque des inégalités de surface qu’il est nécessaire de faire disparaître. Munissez-vous de papier à poncer à l’eau allant du no 1000 à 1500. Mettez de l’huile de vaseline sur la partie à lisser. Passez le papier à poncer et, après quelques instants, essuyez avec du papier absorbant. Lorsque toutes les parties sont mates, elles sont prêtes à recevoir une recharge de vernis.
4. Le rechargement
Après quelques jours de séchage, si la surface ne présente pas de partie creuse, vous pouvez effectuer le rechargement. Sinon, procédez d’abord au bufflage et au séchage de la surface durant quelques heures. Le rechargement s’effectue au moyen d’un tampon garni de vernis et d’alcool. Deux à trois tamponnées sont généralement suffisantes. Le vernis, après ces recharges, doit être uni, brillant et sans défaut, à l’exception de quelques traces d’huile.
5. L'éclaircissage
L’éclaircissage est la partie cruciale du vernissage au tampon. La surface à éclaircir étant presque privée d’huile, elle est extrêmement fragile au contact de l’alcool. À cette étape, vous devez changer de tampon et utiliser un tissu plus fin. Versez-y très peu d’alcool en le répartissant bien avec la paume de votre main. Ensuite, le plus légèrement et le plus rapidement possible, passez le tampon sur la surface en formant de grands 8 allongés. Plus le tampon sèche, plus les traces d’huile disparaissent. Lorsque le tampon est presque sec, terminez en donnant de longs coups jusqu’à ce que la partie traitée soit nette. Le vernis est maintenant comparable à l’éclat d’un miroir.
Quelques trucs du métier
Vous ne devez pas charger le tampon au-dessus du meuble à vernir, car y laisser tomber une goutte de vernis ou d’alcool pourrait être dévastateur. De plus, n’insistez jamais sur un même endroit, pour quelque raison que ce soit : si vous devez faire disparaître une tache, vous l’atténuerez beaucoup plus en ne frottant pas trop. Le tampon ne doit jamais s’être durci durant les opérations : il n’obéirait plus à la pression de la main, le vernis se déchargerait et risquerait de s’arracher. Vous devez toujours poser et retirer le tampon en tournant sur la partie à vernir pour ne pas percer ou tacher le vernis.
Mal traité, le vernis au tampon donne des résultats peu durables. Les problèmes fréquents liés à l’application du vernis au tampon sont l’apparition de points blancs, un vernis qui corde, qui craque, l’exsudation, le voile blanc, la condensation, la crispation du feuil, l’empâtement des chants, le frisage (filet blanc, faïençage) et l’effet de peau.
Consignes de sécurité
Mesure de protection individuelle |
Lunettes de protection hermétique. |
Après inhalation |
Sortir à l'air frais et consultez un médecin en cas de troubles. |
Après contact avec la peau |
En règle générale, le produit n'irrite pas la peau. |
Après contact avec les yeux |
Rincez les yeux, sous l'eau courante, pendant plusieurs minutes, en écartant bien les paupières. L’utilisation d’une douche oculaire est l’idéal. |
Après ingestion |
Si les troubles persistent, consultez un médecin. |
Changement d’état :
Point de fusion
Point d’ébullition
Point d'inflammation
Température d'inflammation
Auto-inflammation
Danger d'explosion |
Non déterminé
78°C
13°C
425°C
Le produit ne s'enflamme pas spontanément.
Le produit n'est pas explosif; toutefois, des mélanges explosifs vapeur-air peuvent se former.
Non déterminé
78°C
13°C
425°C
Le produit ne s'enflamme pas spontanément.
Le produit n'est pas explosif; toutefois, des mélanges explosifs vapeur-air peuvent se former.
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Sites pour en savoir plus sur la gomme laque
http://www.dotapea.com/gommelaque.htm#debut (Site qui en dit long sur la gomme laque)
http://www.meublepeint.com/laque.htm (Article de Alain Blaisot, restaurateur de laques anciennes)
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