De la reproduction d'une couleur... à sa modification
  par Céline Dubord
 

 

COMMENT REPRODUIRE UNE COULEUR

Pour reproduire une couleur, vous disposez de trois méthodes.

Vous choisissez votre couleur et vous la faites préparer par votre marchand de peinture. C’est simple et efficace. De plus, les fournisseurs de produits de revêtement offrent une vaste gamme de produits déjà préparés qui peuvent convenir à certains travaux de finition et qui font économiser du temps.

Vous modifiez une recette. Pour ce faire, vous devez observer la différence de teinte entre la couleur que vous désirez et l’échantillon de référence (carte de couleur, etc.). Ce procédé ne relève pas de la magie! Vous devez savoir si vous devez ajouter ou retrancher un colorant ou augmenter la proportion de tous les colorants. De plus, vous devez suivre la logique des mélanges de couleurs en fonction du cercle chromatique. L’expérience et une bonne connaissance des colorants vous permettront, avec le temps, de modifier des recettes de manière satisfaisante.

  • Quelques suggestions pour vous aider à modifier une recette :

Lorsque vous ajoutez un nouveau colorant dans votre recette, les effets sont parfois imprévisibles et vous modifierez parfois radicalement la couleur. Les échantillons de référence contiennent souvent plusieurs couleurs. Vous devez isoler celle qui vous intéresse afin que votre oeil ne soit pas influencé par les autres. Vous devez faire de même si l’échantillon à reproduire contient aussi plusieurs couleurs. Travaillez ensuite sur la recette de base en apportant une seule modification à la fois afin de juger de l’effet sur la couleur. Il est très difficile et hasardeux de faire toutes les modifications en une seule étape; les résultats sont parfois catastrophiques. Certaines couleurs ne peuvent être corrigées; dans ce cas, le produit sera perdu.

Vous montez vous-même votre couleur à l’aide des colorants universels. La première chose à faire est d’analyser le procédé que vous voulez utiliser. Vous déciderez ensuite des colorants que vous utiliserez. Il est préférable de choisir un maximum de quatre colorants. Au-delà de ce nombre, il est facile de se tromper et la couleur devient plus difficile à reproduire, car même lorsque l’on prend les mêmes colorants, il y a une possibilité de variation du pouvoir colorant de 10%.

Ensuite, vous commencez la coloration petit à petit en vous référant à une palette de couleurs, à une charte de couleurs ou à un échantillon de coloration sur une pièce de bois. Vous effectuez des tests tout au long de la procédure de coloration jusqu’à l’obtention de la couleur voulue. Ces tests se feront sur des planchettes de bois provenant de la production de votre meuble. Celles-ci doivent être préparées de la même manière que le sera votre meuble. Une fois que votre test est concluant, vous appliquez une laque en aérosol pour préserver votre pièce de bois et voir le résultat réel. Les tests de coloration effectués avec des pourcentages sont plus faciles à reproduire par la suite, indépendamment du format du mélange à effectuer. Il est primordial d’effectuer des tests, car plusieurs facteurs (type de bois, absorption, ponçage…) peuvent faire varier le résultat final.

COMMENT OBTENIR UNE COULEUR INTERMÉDIAIRE

Pour obtenir une couleur intermédiaire à partir d’une base neutre et de colorants universels, additionnez la quantité de colorant de la recette la plus pâle à la quantité de colorant de la recette la plus foncée, et divisez-les par deux. Les deux couleurs doivent contenir les mêmes colorants et provenir de la même base à teinter.

La règle générale stipule qu’il faut :

  • 3 ou 4 onces de colorants universels pour obtenir une couleur pastel
  • environ 8 onces pour une couleur moyenne
  • environ 12 onces pour les couleurs foncées dans un format de 4 litres

Mais le contenant de 4 litres doit contenir 12 onces de colorants; par exemple, si vous avez 8 onces d’une couleur moyenne, vous devez ajouter 4 onces de colorant blanc à votre base neutre. Les couleurs foncées ayant déjà 12 onces de colorants ne contiennent donc pas de colorant blanc.

Sur les cylindres gradués du carrousel de couleurs contenant les colorants universels, on trouve 48 unités et la plus petite est de 1/96.  Vous devez tenir compte de ce facteur pour établir vos recettes. Vous devez également savoir que 48 unités équivalent à 1 once de colorant.

Vous remarquerez que nous utilisons des mesures en onces, car tous les appareils de coloration sont calibrés ainsi; nous n’utilisons les mesures métriques que pour le format des contenants.

COMMENT DÉGRADER UNE COULEUR

La méthode la plus utilisée pour dégrader consiste à ajouter du blanc à la couleur que vous souhaitez modifier. Cette méthode est rapide et pratique. Cependant, s’il s’agit d’un mélange préparé à partir d’une base neutre, à l’aide de colorants universels, elle ne peut donc pas être utilisée dans les cas suivants :

  • si la base neutre à modifier contient déjà cinq colorants et que le blanc n’en fait pas partie;
  • si la quantité de colorants présente dans la base neutre ne permet pas d’ajouter la quantité de colorant nécessaire pour modifier la couleur;
  • si le mélange à modifier a été produit à l’aide d’une base à teintée blanche, l’action du colorant blanc dans cette base étant presque nulle.

Lorsque ces trois cas se présentent, vous pouvez utiliser une autre méthode pour pâlir la couleur. Il s’agit d’ajouter à la base à modifier une certaine quantité de la base blanche du même produit jusqu’à l’obtention de la bonne teinte. Toutefois, cette méthode est difficile à maîtriser et double souvent la quantité de peinture requise.

Vous pouvez pâlir ou éclaircir une couleur opaque ou semi-opaque avec du jaune semi-transparent.

COMMENT RABATTRE UNE COULEUR

Pour rabattre une couleur, il est généralement recommandé d’y ajouter du colorant noir. Cette méthode ne peut toutefoispas être utilisée dans les cas suivants :

  • si la base à modifier contient déjà cinq colorants et que le noir n’en fait pas partie;
  • si la quantité de colorant présente dans la base ne permet pas d’ajouter le colorant nécessaire pour modifier la couleur.

Si vous jugez que la couleur est trop pâle avant le teintage, vous pouvez augmenter la quantité de chacun des colorants présents dans la recette en respectant les proportions existantes et le niveau maximal de colorant à ajouter. Ou, vous pouvez simplement couper la quantité de colorant blanc dans la recette, en tout ou en partie, jusqu’à l’obtention de la bonne couleur.

Mais, car il y a un mais… il ne s’agit pas seulement de mettre du noir pour foncer une couleur! Le noir, comme le blanc, salissent (ternissent) les couleurs en les grisonnant. La meilleure méthode pour foncer une couleur est d’utiliser les couleurs complémentaires. Ainsi, vous aurez des couleurs « propres », c’est-à-dire sans tons tirant vers le gris. Vous ne devez pas oublier qu’une couleur « sale » (terne) crée davantage de voile sur le support que vous finissez, ce qui a pour effet de masquer le grain du bois. Lorsque vos couleurs sont « propres », vous pouvez les foncer avec du noir; une seule exception : lorsqu’il y a du blanc dans votre mélange. Le bleu phtalo et les rouges, sauf le rouge oxyde vous donneront des couleurs propres que vous pourrez foncer avec du noir.

COMMENT ROMPRE UNE COULEUR

Une couleur rompue est celle dont la pureté est atténuée par le mélange d’une autre couleur. Pour rompre une couleur, vous pouvez ajouter à votre couleur de base sa couleur complémentaire.

Par exemple, une teinture noyer contenant trop de vert peut être corrigée en lui ajoutant un peu de rouge, complémentaire du vert. Mais attention - le mélange de deux couleurs complémentaires donne du gris, ce qui a pour effet d’assombrir les couleurs.