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Prix du jury 2003
 
  Plein le dos.... et plein les bras!
  par Céline Dubord

 

Les maux de dos et les lésions attribuables au travail répétitif sont partout en progression dans les pays industrialisés et, malheureusement, le Québec n'y échappe pas. Refaire le même mouvement 10 à 15 fois dans une même journée n'est pas un mouvement répétitif… Il faut plutôt calculer combien de fois un même mouvement ou une série de mouvements sont répétée à l'intérieur d'un même cycle de travail ou tout au long de la journée. Si ce mouvement répétitif s'effectue à une cadence élevée, s'il exige un effort important ou constant, le maintien d'une posture contraignante, s'il y a vibration et que le temps de repos est insuffisant, le risque de malaise et même de lésion s'accroît d'autant plus.

Bien connaître les ennemis
Comment les maux de dos et les lésions attribuables au travail répétitif peuvent-ils être provoqués? De façon générale, ils sont dus à deux types de blessures : les blessures instantanées et les blessures cumulatives.

Crac! La blessure instantanée : l'accident
C'est imprévu, le coup auquel on ne s'attendait pas. Chute, heurt, choc, écrasement, effort excessif ou soudain. On retient un enfant sur le point de tomber, on glisse sur une surface mouillée ou encombrée, on est frappé violemment par un objet… et c'est l'accident. Élongations musculaires, fractures osseuses, contusions entorses sont les blessures les plus fréquentes.

La blessure " À force de… On finit par… "
Un petit peu… Encore un peu plus… Encore une fois.. Et c'est la blessure cumulative. Une trop grande utilisation d'un ou de plusieurs muscles peut, par exemple, en diminuer la résistance et entraîner l'apparition de douleurs aiguës ou chroniques. Il y a aussi l'usure causée ou aggravée par la répétition des mêmes gestes contraignants ou l'adoption d'une posture inconfortable de façon prolongée.

De plus, certains mouvements, à force d'être répétés, peuvent entraîner un affaiblissement d'un muscle, d'un tendon ou d'un ligament. Et un jour, un coup soudain, un mouvement quelconque provoquera le " crac ".

Les lésions attribuables au travail répétitif
Quelles sont les zones les plus touchées par les lésions attribuables au travail répétitif ? Les membres supérieurs, c'est-à-dire les mains, les poignets, les coudes et les épaules de même que le cou. Aussi, quoique de façon beaucoup moins fréquentes, ces lésions atteignent les membres inférieurs, tels les genoux et les chevilles. Il faut aussi inclure le dos, car les postures contraignantes et les efforts répétitifs associés à des mouvements de flexion et de torsion peuvent aussi occasionner des maux de dos.

Des réactions inflammatoires
Les mouvements répétitifs peuvent causer l'inflammation des muscles, des tendons, des gaines recouvrant les tendons, etc. Apparaissent alors les tendinites, les bursites, les ténosynovites, les épicondylites, qui se situent notamment au coude et à l'épaule, et le syndrome du tunnel carpien, au poignet.

Quelques notions
Bursite, tendinite, ténosynovite, épicondylite… la terminaison en " ite " signifie " inflammation ".

Bursite :
Inflammation du coussin qui sépare les tendons ou les muscles de la surface osseuse et qui permet un bon glissement.

Épicondylite :
Inflammation des tendons extenseurs du poignet à l'endroit où ils se fixent au coude.

Tendinite :
Inflammation d'un tendon qui est le prolongement d'un muscle et qui permet à ce dernier de se fixer à l'os.

Ténosynovite :
Inflammation d'un tendon et de la gaine synoviale dans laquelle il se glisse; la gaine synoviale est une mince couche de tissu qui, recouvrant les tendons, secrète un liquide lubrifiant.

Syndrome du canal carpien :
Compression ou étranglement d'un nerf dans un canal formé par des os et un ligament du poignet, côté paume de la main. Cette compression ou étranglement provoque des engourdissements ou des douleurs au pouce, à l'index et au majeur.

Ergono… Quoi ? Ergonomique, bien sûr !
Les étapes de la démarche préventive comporte trois aspects principaux. Le premier aspect consiste à identifier le problème : 1- Reconnaissez les signaux que votre corps vous envoie. 2- Associez les malaises aux gestes. 3- Cernez les contraintes du poste de travail. Le deuxième aspect consiste à corriger : 4- Trouvez des mesures pour éliminer ces contraintes. 5- Définissez des priorités. 6- Testez la solution. Finalement, le troisième aspect consiste à contrôler : 7- Faites un suivi des correctifs apportés à votre rythme et selon vos besoins.