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La même apparence, les mêmes qualités de conservation et d’entretien, une semblable facture artisanale et rustique facilitent la confusion entre le rotin et l’osier.
Il est important de noter qu'on attribue plus spécialement à l’osier ce qui constitue les petits accessoires tels que les corbeilles, paniers, paravents et porte-plantes. Alors que le rotin, il convient davantage aux objets plus architecturés et la délicate fabrication de meubles. Cette différence provient de la construction organique de l’un et de l’autre.
L’osier est tiré d’une tige d’un certain saule. Une fois traitée et calibrée, cette tige produit une fibre souple qui n’atteint jamais une grande longueur et ne peut donner de gros segments. Tandis que le rotin, tiré d’un palmier grimpant de la zone tropicale, produit des tiges pouvant atteindre 200 mètres de longueur, de texture extrêmement serrée, sur une section de plusieurs centimètres. Ces tiges brutes s’appellent «malaccor» ou «manille», selon la provenance. Ce sont elles qui servent à la charpente des meubles. Aussi dures mais plus malléables que le bois, elles permettent la conception de formes audacieuses. Préparées, ces mêmes tiges se divisent pour le tissage, les secondes pour les ligatures ou les cannages.
Les formes du mobilier en rotin se sont particulièrement bien adaptées au style Art Nouveau par leur souplesse. Elles rappellent les formes des meubles en bois cintré que la maison Thonet commercialisait à la même époque.
À la fin du siècle dernier, le meuble de rotin était très en vogue. Il était aimé pour ses décors en arabesques, ses volutes insensées, autour des dossiers renversés ou des accotoirs. Un meuble de rotin est pensé comme une architecture, avec des arcs, des cintres, des encorbellements, des consoles.
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