Lexique des métiers connexes de l'ébénisterie

 

par Céline Dubord

 

 
Amoulangeur ou moulangeur désigne le charpentier spécialisé fabricant de meubles et de machinerie de moulins.
Bâcleur de chaises terme utilisé autrefois, surtout en Angleterre. Désigne le travailleur forestier passager, spécialisé dans la fabrication du piétement et des barreaux de chaise, et particulièrement pour les chaises Windsor.
Bahutier, malletier ou coffretier jadis, artisan collaborateur du malletier et du bahutier dont la fonction était particulièrement la fabrication des coffres et bahuts garnis de cuir, malles, valises et autres objets (fourreaux ou étuis) destinés au rangement.
Baquetier

aussi parfois nommé cuvier ou tonnelier, le baquetier est un artisan qui fabrique des baquets, des cuves, des auges, des tonneaux, des baignoires et d’autres récipients.

Batteur terme provenant probablement de l’ouvrier agricole qui battait le blé. Dans les métiers du bois, le batteur ou batteur d’or est celui qui bât, à coup de marteau ou sur le moulin, les feuilles d'or (ou d’argent), qui servent à la dorure dans le but d’en réduire l'épaisseur. Le batteur d’archal, pour sa part, battait le laiton ou le fer.
Boisselier terme qui désigne l’artisan qui fabrique et vend de la boissellerie; boisseaux (ancienne mesure de capacité), sceaux, ustensiles ménagers et aratoires, baquets, planches à laver, brouettes, benne (servant au transport de marchandises). Pour le fabricant de bennes, on dit aussi bennier. Boissellerie est l’art du boisselier et les objets eux-mêmes.
Bûcheron artisan qui exécute des travaux de bûcheronnage; travaux forestiers consistants à abattre, à couper, à débiter et entretenir les arbres. Le terme bûcheron proviendrait de boscheron (XIIe siècle). Anciennement, on disait aussi bucher, buchier ou bucheur.
Bustier terme désignant l’artisan sculpteur de bustes.
Canneur ou cannier est l’artisan qui fabrique et garni les fond et parfois les dossiers des chaises, fauteuils, divan et chevets de lit à l’aide de canne (diverses espèces de roseaux dont les brins de jonc ou de rotin entrelacés). On dit alors, par exemple qu’une chaise est cannée.
Chaisier terme provenant de « chaise », apparu vers 1781. Le chaisier est l’artisan fabriquant et réparant les chaises. Le terme menuisier en sièges est aussi utilisé.
Charpentier terme provenant de « carpentarius », apparut vers le XIIe siècle, désignant certains artisans façonnant le bois de charpente et exécutant les travaux de charpenterie constituant l'ossature partielle ou complète des châteaux, cathédrale, nef, ponts, escaliers granges, maisons, navire, moulin... Diderot et d’Alembert dans la « Grande Encyclopédie », dit que le charpentier est celui qui exécute la charpente d’une maison. On dit que Joseph fut charpentier de Nazareth alors même si le terme date du XIIe siècle, ce métier remonte à la nuit des temps. Au Moyen-Âge sa dénomination est plutôt huchier, huissier ou cochetier. Les Égyptiens connaissaient déjà les outils du charpentier et les charpentes romaines utilisaient déjà le principe des tenons et des mortaises. Ce métier va atteindre son apogée au XVe siècle.
Charpentier de la grande cognée terme utilisé à partir du XIIIe siècle. On a aussi utilisé les termes charpentier de grosses œuvres, charpentier en bâtiment ou charpentier de haute futaie. Le charpentier de la grande cognée réalise les travaux lourds nécessitant des pièces de fort équarrissage par opposition aux charpentiers de « la petite cognée ». Le terme de charpentier de la grande cognée reste en usage très tardivement, puisqu’on le retrouve au milieu du XVIIe siècle. 
Charpentier de la petite cognée terme utilisé à partir du XIIIe siècle. Artisan exécutant les travaux de dimensions réduites dont les coffres et les bancs destinés aux aménagements des bâtiments ou de décoration d’édifices et ouvrages de menuiserie.
Charpentier de marine charpentier de nés ou charpentier de navires ou encore charpentier naval, est un artisan du bois spécialisé dans les constructions navales (navire, barque, bateau). Cette désignation tient au fait que l’ossature des navires était considérée comme une charpente retournée.
Charron terme qui apparu au XIIIe siècle qui désigne l’artisan qui fabrique la charronnerie : chars, charrettes, chariots, tombereaux, brouettes et autres moyens de transport et de tous les éléments qui permettait la rotation ou aidait à la suspension de ces véhicules (par exemple; la roue).
Coffretier voir Bahutier.
Doreur terme qui désigne l’artisan spécialiste, reconnu pour ses connaissances et ses habiletés de concepteur et de réalisateur de décoration avec de la dorure. Le doreur réalise un traitement de surface et enduit d’or moulu ou couvre de feuilles d’or des objets (livres, meubles, encadrements…) en différents matériaux (bois, cuir, cuivre, fer…) dans le but de protéger ceux-ci ou de les ornementer.
Ébéniste terme provenant d’« ébène », apparut vers le XVIIe siècle, désignant autrefois l’artisan menuisier spécialisé dans la fabrication des meubles, de luxe ou à fort caractère décoratif, d'ébène (ébénisterie) et autres bois précieux. Diderot et d’Alembert dans la « Grande Encyclopédie », dit que l’ébéniste ne travaille que le meuble en marqueterie ou en placage. Aujourd’hui, ce terme désigne les artisans qui fabriquent et restaurent (réparation, conservation) les meubles d'art par opposition au « menuisier ».
Encadreur terme dérivant d’encadrer, qui apparu au XIXe siècle et désignant l’artisan qui fabrique ou restaure les moulures et les baguettes de bois ouvré (ou autres matériaux) et décoré qui encadrent les peintures, miroirs, gravures, etc. pour les mettre en valeur ou les protéger.
Équarrisseur terme désignant la personne qui exécute l’équarrissage. Cette action consiste à équarrir le bois, c’est-à-dire préparer les grumes destinées à être débitées sur place et qui serviront par exemple comme mâts de bateau ou de pièces pour le sculpteur.
Escaliéteur terme désignant un professionnel de la menuiserie en bâtiment, spécialisé dans la fabrication et la pose d’escaliers, principalement en bois.
Fendeur lattier dans les métiers du bois, le lattier, fendeur de lattes ou fendeur lattier est l’artisan spécialisé dans la confection des lattes destinées en particulier à l'ameublement, mais il prépare aussi les lattes fendues utilisées sous les couvertures et certaines sortes de piquets.
Finisseur  personne travaillant dans une industrie de meubles qui vérifie et prépare les surfaces (nettoyage, ponçage, lissage et parfois décapage), effectue des retouches et procède à l’application des produits de revêtements (apprêts, colorants, teintures, scellants, peintures, vernis…) dans le but de faire ou de refaire (réfection de finition) le revêtement de protection d’un meuble, corrige les défauts de finissage des pièces achevées avant de les expédier aux services d’emballage. On dit de l’artisan qu’il est laqueur lorsqu’il conçoit et réalise des décorations au pinceau ou au pistolet avec une pâte composée de pigments, d'agglutinant et de diluant.
Huchier ou hucher est le terme utilisé à partir du XIIe siècle qui désigne l’artisan spécialisé dans la fabrication des huches (ébéniste ou menuisier); grands coffres de bois rectangulaire à dessus plats par opposition au bahut. Le terme hucher ou huchier désignait au Moyen Âge le fabricant de meuble et sculpteur sur bois. Entre 1450 et 1480, l’appellation de hucher-menuisier se généralise en France et reste en vigueur jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Aux environs de 1655, les artisans qui font les cabinets cessent de s’appeler « menuisiers en ébène » ou « petits menuisiers » pour devenir les « menuisiers ébénistes ».
Huissier terme provenant de « huis », apparu vers le XIIe siècle, désignant jadis l’artisan du bois qui fabriquait l’ensemble des ouvrages menuisés destinés à la décoration et l'aménagement intérieurs (huisseries).
Incrusteur terme désignant l’artisan spécialisé dans l'incrustation de matériaux précieux et fabriquant des ouvrages incrustés (insertion d’ivoire, de bois précieux et autres matériaux).
Jouettier terme désignant l’artisan qui conçoit et fabrique des jouets et marionnettes à partir du bois. Lorsque les jeux sont sculptés, on dit alors sculpteur Jouettier.
Layetier terme provenant de « layette » (coffre), apparu vers 1582, désignant jadis l’artisan fabriquant des coffres, des caisses, des emballages en bois, des pupitres d’écoliers et des cercueils. La layette servait de rangement pour le linge de maison (vêtements, couches, mouchoirs, matelas, draps) ou au stockage du grain. On dit aussi laiettier ou cassetier.
Maître Menuisier se dit de l’artisan patron menuisier. Le maître était un professionnel reconnu pour ses connaissances et ses habiletés et pour la réalisation de son chef-d'œuvre.
Malletier voir Bahutier.
Marqueteur terme utilisé à partir de 1502 qui désigne l’ébéniste spécialisé dans les ouvrages de marqueterie. Le marqueteur assemble des pièces de bois ou autres matériaux pour former des motifs ornementaux appliqués ou incrustés sur ou dans le mobilier.
Menuisier terme utilisé à partir de 1227 et qui, pendant toute la période du Moyen-Âge (Xe au XVe siècle), désignait les ouvriers réalisant de menus travaux, mais contrairement à aujourd’hui, il était surtout appliqué aux corporations qui travaillaient le métal (horlogers, potier d’étain, serruriers…). Plus tard, le terme menuisier désignait l’artisan travaillant le bois qui fabriquait principalement les charpentes, les portes, les fenêtres, parfois les charrettes et les brouettes ainsi que les cercueils. Le métier de menuisier est issu d’une très ancienne scission, en 1371, entre les charpentiers et les huchiers menuisiers. Aujourd’hui, il aménage sur mesure les logements, bureaux, hôtels et magasins en réalisant des décorations fixes telles que placards, parquets, escaliers, portes, fenêtres, volets, lambris, armoires en utilisant le bois, les dérivés du bois et plusieurs autres matériaux. Le terme menuisier peut aussi être associé à d’autres types de métier, comme les exemples qui suivent.
Menuisier en bâtiment  artisan spécialisé dans la réalisation des ouvrages de menuiserie architecturale (huisseries, boiseries, etc.). Diderot et d’Alembert dans la « Grande Encyclopédie », dit que le menuisier en bâtiments est celui qui exécute les lambris, les plafonds, les croisées, les portes, les plinthes, etc.
Menuisier-ébéniste le métier de menuisier et celui d’ébéniste se sont confondus jusqu’en 1743. Après cette date on établit officiellement une distinction entre le menuisier d’assemblage (menuisier actuel) et le menuisier en placage et en marqueterie (ébéniste).
Menuisier en ébène jadis, artisan dont la spécialisation était le travail du placage d'ébène pour la fabrication de meubles.
Menuisier en meubles terme autrefois utilisé pour désigner l’artisan dont la spécialisation était la fabrication de meubles par opposition au « menuisier en bâtiment ». Diderot et d’Alembert dans la « Grande Encyclopédie », dit que le menuisier en meubles ne fabrique que des meubles de menuiserie.
Menuisier en sièges ce type de menuisier est un artisan dont la spécialisation est la fabrication de sièges (chaises, fauteuils, divan, etc.).
Meublier ce terme désigne le fabricant de meubles.
Moulangeur  voir Amoulangeur.
Parqueteur terme provenant de « parquet », apparu vers 1691, désignant l’artisan menuisier fabriquant, posant et réparant les revêtements de sol formés d'éléments de bois assemblés de manière à former des motifs décoratifs (parqueterie).
Peintre au pinceau ce dit de la personne qui après avoir apprêté la surface, à l’aide de pinceaux ou de rouleaux applique des produits de revêtement (apprêts, colorants, teintures, scellants, peintures, vernis…) à des fins décoratives et/ou protectrices (imitation du grain du bois, du marbre ou autres effets spéciaux, dorure, argenture…). On dit aussi finition à la main.
Peintre au pistolet ce dit de la personne qui après avoir apprêté la surface, à l’aide de pistolet vaporisateur applique des produits de revêtement (apprêts, colorants, teintures, scellants, peintures, vernis…) à des fins décoratives et/ou protectrices. On dit aussi finition industrielle.
Renard ou renardier voir scieur de long.
Restaurateur terme provenant de « restaurator » (restauration), apparu au XIVe siècle, désignant l’artisan spécialisé dans la réparation, la remise en état d'œuvres anciennes ou la conservation de celles-ci.
Scieur terme provenant de « scier », apparu vers 1247, désignant l’ancien artisan spécialisé dans le débitage des grumes en planches destinées notamment aux charpentiers et aux menuisiers.
Scieur de long aussi nommé boisier, boissier, cétéreau dans le Forez (Lyon), équarrisseur de troncs ou sitaire, le terme scieur de long apparu au XVe siècle et est issu du mode de débit. Les grumes étaient sciées en plusieurs étapes, sur le long. Ils sciaient le bois de charpente (planches) et pour ce faire, ils étaient deux. Un, nommé chevrier, montait sur la grume, l’autre, le renard ou renardier, tenait et tirait la scie. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec l’avènement de la scie à ruban d’abord actionnée à la vapeur, puis à l’électricité et la possibilité de transporter les grumes à la scierie, ce métier disparu.
Sculpteur terme provenant de « sculpere » (sculpture), apparu vers 1400, désignant l’artiste façonnant et produisant des œuvres artistiques autonomes, des ensembles ou des éléments décoratifs du mobilier ou de l'architecture en taillant la matière dure, en l’occurrence le bois.
Tabletier terme provenant de « table » (tabletterie), apparu vers 1260, désignant l’artisan spécialisé dans le travail de certains bois, du corozo (appelé aussi ivoire végétal), de l'os, de la corne et de l'ivoire (défenses d’animaux) pour la création d’articles de jeu (damier, échiquiers avec pièces, table, tablettes, etc.).
Tonnelier terme provenant de « tonnel » signifiant tonneau, qui apparu vers 1255 et désignant l’artisan spécialisé dans la fabrication, la réparation et le commerce de tonneaux et autres récipients de bois servant à l’entreposage de denrées alimentaires (farine, sucre, etc.) et de liquides tels que les boissons fortes alcoolisées.
Tourneur terme provenant de « tourner » (tournage), apparu vers 1234, désignant l’artisan façonnant et travaillant le bois ou autres matériaux, à l’aide d’un tour à main ou mécanique en enlevant de la matière dans le but de créer des objets utilitaires et décoratifs ou des éléments de mobilier.
Vannier terme provenant de « van » (vannerie), apparu au XIIIe siècle. Van désigne le panier plat en osier, à bords relevés, de forme semi-circulaire, muni de deux poignées, qui servait à séparer le grain de la paille lors des moissons. Le vannier était à la base, l’artisan qui fabriquait les vans. Des poteries primitives, qui ont été retrouvées démontrent qu’elles avaient été modelées sur des formes de vannerie et ensuite brûlées. La corporation des vanniers, en France, s’est organisée sous le règne de Louis XI. Au Québec, c’est au XIXe siècle que ce métier connaît son essor.
Vernisseur personne uniquement spécialisée dans les applications de vernis, travaillant dans une industrie de meubles.

Bibliographie

AUGER, Pierre, BERGERON, Michel, BRISSON, Réal, CYR, Lise, FORTIER, Yvan, GAUTHIER, Marcel, LACROIX, Paul-Aimé, LAFRAMBOISE, Yves, MARCIL, Eileen, TREMBLAY, Gynette, sous la direction de DUPOND, Jean-Claude et MATHIEU Jacques (février 1987). « Exercices des métiers du bois ». Cahiers du Celat no 4, 219 p.

DIDEROT, Denis et D'ALEMBERT, Jean (1751 à 1758). « Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, par une Société de gens de lettres ». Paris, imprimeur ordinaire du Roy, LE BRETON, 166 vol.

DUBORD, Céline (2006). « Dictionnaire terminologique de l’ébénisterie ». Édité par l’Institut québécois d’ébénisterie, Québec, 489 p.

DUPONT, Jean-Claude (1976). « Contes de bûcherons ». Montréal, Éditions des Quinze.

HARDY, Jean-Pierre, RUDDEL, Thierry (1977). « Les Apprentis Artisans à Québec, 1660-1815 ». Montréal, Presse de l’Université du Québec, 220 p.

LEVASSEUR, Émile (1859). « Histoire des classes ouvrières en France depuis la conquête de Jules César jusqu’à la révolution ». Paris, Guillaumin et Cie.

MARTIN, Paul-Louis (1973). « La berçante québécoise », Histoire populaire du Québec, 1. Les Éditions du Boréal Express, Montréal.

PALARDY, Jean (1971). « Les meubles anciens du Canada français ». Ottawa. Les éditions Pierre Tisseyre. 411 p.

SIMARD, Cyril et BOUCHARD, Jean-Louis. (1985). « Artisanat québécois; 4. La dentelle, le feutre, les pipes, la lutherie, la broderie, la vannerie ». Les Éditions de l’Homme, Montréal, 511 p.

Sites

http://www.aftab-asso.com/html/histoire.html
http://www.menuiserie-caserotto.com/guide/vieuxmetiers/lettreA.htm
http://www.site-en-bois.net/fr/res/lex-metiers.phtml
http://www.vieuxmetiers.org/lettre_b.htm
http://www.latrouvaille.com/glossaire-fr.html
http://www.techno-science.net/
http://fr.wikipedia.org/wiki/
http://www.metiers-d-art.qc.ca
http://www.cidj.com