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l existe des cartouches chimiques pour une vaste gamme de contaminants. Chaque type de cartouche assure une protection contre un contaminant particulier ou un groupe de contaminants et ce, jusqu’à certains degrés de concentration. Il est important de s’assurer qu’on utilise la bonne cartouche et qu’on respecte les limites d’utilisation. Un code de couleur sert à distinguer les différents types de cartouches. Toutefois, il est important de bien lire l’étiquette de la cartouche pour s’assurer d’obtenir la protection adéquate.
Contaminant (vapeur/gaz) |
Couleur de la cartouche |
Gaz acides |
Blanc |
Chlore |
Blanc avec une bande jaune |
Acide chloridrique |
Blanc |
Dioxide de soufre |
Blanc |
Vapeurs organiques |
Noir |
Vapeurs organiques + gaz acides |
Jaune |
Ammoniac |
Vert |
Formaldéhyde |
Vert olive |
Monoxyde de carbone |
Bleu |
Gaz acides + ammoniac + vapeurs organiques |
Brun |
Matériaux radioactifs |
Pourpre |
Méthylamine |
Vert |
Vapeurs de mercure et chlore |
Vert olive ou orangé avec un indicateur pour le mercure |
Chlorure de vinyle |
Vert olive avec un indicateur |
- Une bande de couleur pourpre désigne l’utilisation pour le matériel radioactif en combinaison avec les gaz et les vapeurs.
- Une bande de couleur grise ou orangée (magenta dans le cas des filtres HEPA et P100) désigne l’utilisation pour les poussières, fumées et brouillards en combinaison avec les vapeurs et les gaz.
- Il est à noter que seules les étiquettes sont colorées en fonction des codes de ce tableau; les cartouches ou les boîtiers doivent garder leur couleur métallique naturelle.
- L’utilisateur doit se référer au texte de l’étiquette pour déterminer les concentrations d’utilisation maximales recommandées pour la cartouche ou le boîtier.
En plus de respecter les limites inhérentes des appareils à épuration d’air, et afin de s’assurer que les appareils à cartouches chimiques sont sécuritaires et efficaces, il faut tenir compte des paramètres suivants:
- les concentrations d’exposition ne doivent pas excéder les limites d’utilisation de la cartouche;
- il faut s’assurer de respecter la date de péremption éventuellement indiquée;
- les changements de cartouches ou de boîtiers sont basés sur un indicateur de fin de service ou une grille horaire de changement de cartouche ou de boîtier;
- il faut s’assurer que le type de cartouche choisi assure une protection contre le contaminant présent dans l’air ambiant;
- ces appareils ne doivent pas être utilisés pour des vapeurs organiques dont les caractéristiques de détection sont difficilement perceptibles (odeur, goût, irritation de la gorge);
- ils ne doivent pas être utilisés contre des gaz ou des vapeurs pouvant générer des réactions de haute température avec l’adsorbant.
Temps de service
Dans sa liste des équipements de protection respiratoire approuvés, le NIOSH indique que ceux-ci doivent être choisis, ajustés, entretenus et utilisés en fonction de la réglementation de la Occupational Safety and Health Administration (OSHA), de la Mine Safety and Health Administration (MSHA) et de toute autre réglementation applicable. La nouvelle réglementation de l’OSHA (1998) exige que, dorénavant, les changements de cartouches soient basés sur des principes plus précis que la détection d’odeurs, de goût ou d’irritation. Par conséquent, il est important de tenir compte de ce qui suit:
- La cartouche doit être pourvue d’un indicateur de fin de service.
- S’il n’y a pas d’indicateur approprié, les changements de cartouches ou de boîtiers doivent être basés sur des informations objectives ou sur des données qui permettent de s’assurer que les cartouches ou les boîtiers sont changés avant la fin de leur temps de service. Ces informations ou ces données doivent être consignées dans le programme de protection respiratoire. Il ne serait donc plus permis de se fier à la seule détection des odeurs pour établir la fréquence de changement des cartouches et des boîtiers.
Facteurs pouvant réduire le temps de service des cartouches
Le rythme de travail - Un travailleur qui respire deux fois plus vite qu’un autre accumulera deux fois plus de contaminants dans la cartouche pour un même laps de temps.
- La durée de vie d’une cartouche dépend de la quantité totale de contaminants capturée par l’adsorbant. Celle-ci est directement reliée au rythme de travail et à celui de la respiration, c’est-à-dire que, pour un volume inhalé donné, un travailleur qui a un rythme respiratoire deux fois plus rapide qu’un autre aspirera deux fois plus de contaminants dans la cartouche. C’est donc un point dont il faut tenir compte.
La variation dans les cartouches chimiques - Certaines cartouches contiennent plus de charbon que d’autres.
- Le temps de service des cartouches est directement lié à la quantité de charbon qu’elles contiennent, qui est généralement compris entre 30 et 50 g par cartouche. Ces renseignements peuvent être obtenus auprès des fabricants.
La température - Plus la température ambiante est élevée, plus courte est la durée de vie des cartouches.
- Les températures élevées peuvent affecter la capacité adsorbante des cartouches chimiques dans des proportions de 1 à 10 % pour chaque augmentation de 10 °C. Toutefois, dans des conditions normales de température de travail, aucune correction ne devrait être nécessaire.
L’humidité relative - La vapeur d’eau peut entrer en compétition avec les vapeurs organiques pour les sites d’adsorption.
- Le temps de service des cartouches chimiques pour les vapeurs organiques pourrait être influencé par un environnement relativement humide ( > 65 %).
Les contaminants multiples - Lorsqu’elle est saturée, une cartouche devient inopérante. Elle laisse alors passer une portion ou la totalité des contaminants auxquels elle est exposée. Dans certains cas, lorsqu’il y a plus d’un contaminant dans l’air ambiant, la concentration du contaminant le plus volatil à l’intérieur de l’appareil de protection respiratoire peut même excéder la concentration à l’extérieur de l’appareil de protection respiratoire.
- Des études ont démontré que, dans le cas de mélanges de contaminants, tous les contaminants s’adsorbent simultanément à la surface du charbon. Lorsqu’il ne reste plus de place, le solvant le plus volatil claque la cartouche. Ne trouvant plus de place pour s’adsorber à la surface du charbon actif, le solvant le moins volatil expulse le solvant le plus volatil. La concentration du solvant volatil désorbé s’additionne à la concentration du même contaminant provenant de l’air ambiant, qui traverse maintenant la cartouche saturée. Conséquemment, la concentration de contaminants à l’intérieur de l’appareil de protection respiratoire sera plus élevée que dans l’air ambiant.
** Cet article est tiré et adapté du Guide pratique de protection respiratoire, écrit par Jaime Lara et Mireille Vennes – IRSST – 2002 – Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec (CSST), p.27 à 30.
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