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Certains oiseaux utilisent un brin d’herbe pour faire sortir un insecte de son trou. La loutre de mer peut se servir d’une pierre pour briser la coquille d’un crustacé, mais seuls les primates évolués ayant un cerveau développé et possédant un pouce opposable, savent transformer la matière pour répondre à leurs besoins. Le singe peut briser un bâton de façon à ce qu’il puisse être manié pour casser des noix. L’outil, prolongement de la main, demeure tout de même, le propre de l’homme. Il est le seul capable d’imaginer un outil avant de le construire.
Depuis la découverte du tranchant du silex cassé en deux, de l’âge de la pierre taillée, fabriqué à l’aide de l’outil le plus ancien, le percuteur (galet), il a fallu cinq cent mille ans pour en arriver à la pierre polie, cinq mille ans pour arriver à l’âge du bronze, mille ans de plus pour voir surgir l’âge du fer…
Une autre invention essentielle est celle du manche, prolongement du bras, qui augmente la puissance de percussion sans effort supplémentaire. Il transforme alors le galet percuteur en marteau, en maillet. Plus tard, de manière empirique, l’homme découvrait la notion de centre de gravité, qui, placé à la pointe de l’outil, augmente la force du coup (pic). La maniabilité, la vitesse et la précision augmentent.
Hormis quelques progrès dans la qualité des matériaux utilisés pour leur fabrication, les origines de nos outils actuels sont très anciennes et ont traversé les âges sans changement notable. Par exemple, l’herminette, le pic et la hache, datent du néolithique. Inventée en Mésopotamie, la scie existe déjà au IIIe siècle avant notre ère. Notre marteau actuel (à panne plate et carrée), la gouge, le rabot, le vilebrequin, la vrille, etc., n’ont pas changé depuis l’époque romaine. Le tour à bois à pédale date du XIIe siècle. Le rabot métallique était employé dès la fin du XVIIIe siècle, et certains modèles existent encore de nos jours. Les résultats de nombreuses fouilles ont permis de confirmer les dires de l’architecte Vitruve, dans son traité De Architectura, datant du Ier siècle avant J.C., que la plupart des outils dont se sert l’ébéniste, n’ont pas changé depuis l’époque romaine.
L’équipement indispensable de l’atelier d’un ébéniste est l’établi, équipé d’une presse, d’une griffe pour maintenir le bout des petites pièces de bois, et du valet utilisé pour les bloquer. La servante, support amovible réglable en hauteur, permet de travailler des pièces beaucoup plus grandes que l’établi.
L’outillage proprement dit est classé en outils de traçage (pointe à tracer, trusquins, compas, équerres, fausses équerres…), outils de serrage (serre-joints, presses…), outils de sciage (scie à araser, d’encadreur, à chantourner, égoïne et sa boîte à onglet…), outils d’entaillage(bédanes, ciseaux à bois, gouges…), outils de perçage (mèches et fraises à bois, vrilles, vilebrequins…), outils de rabotage et de profilage(rabots, bouvets, varlopes, guillaumes, tarabiscot…). L’outillage est complété par les maillets et marteaux, tournevis, colle, papier abrasif, ponce pour polissage et le nécessaire d’entretien des outils tranchants, crayon et, le mètre pliant, devenu un des symboles de la profession.
Même si l’ébéniste continue à parachever ses meubles à la main, le bruit désagréable des moteurs a prit le dessus sur le grincement des scies et le raclement des rabots. L’outillage manuel a progressivement cédé la place à l’outillage mécanique. Toupie, perceuse, raboteuse, dégauchisseuse, mortaiseuse, scie circulaire ou à ruban, figuraient dans les catalogues de fabricants d’outils dès 1900. |